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Bon sang de croix de bois, rouler à Lespesses, la dernière virée extérieure avant notre randonnée "La Ternoise maudite" représentait pour moi une dernière séance d'entrainement que je me devais de ne pas rater.
En effet, j'étais frais et dispo pour attaquer cette randonnée dans les meilleures conditions qui soient. A saint Pol, rendez-vous à la mairie, nous sommes 4 (Fred, Patrick, Samuel et moi), un peu surprenant que nous ne soyons pas plus nombreux pour cette 11ème Lespessiale. Des infos discrètes ont fait état de sorties nocturnes pour les jeunes du club, ceci expliquant cela.
Nous transférons nos vélos sur la remorque du club, sauf Patrick qui souhaite peut-être repartir de Lespesses un peu plus tôt sitôt la randonnée terminée.
Arrivés à Lespesses, nous avons la bonne surprise de voir que l'autre Patrick est là aussi, nous sommes donc 5 à représenter notre club. Nous choisissons d'effectuer la rando de 45 km, on devient raisonnable en n'optant pas pour les 60 km.
Nous voici partis tous les 5, le rythme est correct, la météo est particulièrement sympa, pas trop de vent, pas trop chaud, pas trop froid, tout va bien pour entamer cette randonnée de 45 km.
Fin de la tranquillité
Lors d'une petite montée d'environ 400 mètres, Fred se détache doucement du groupe (on peut imaginer à ce moment là car nous sommes au 5ème kilomètre, que notre rythme n'est pas assez élevé pour lui). Patrick M lui voit là, à mon avis, tout autre chose. Il a certainement l'impression que Fred essaie de nous larguer discrètement et de filer ensuite vers l'arrivée seul (n'oublions pas qu'il reste environ 40 km à effectuer). Patrick place donc une attaque, attaque dont il a le secret. Imaginer l'attaque, je regarde devant moi, Fred est à 50 mètres et Patrick à 40 mètres, 10 mètres séparent donc Patrick de Fred. A peine ai-je le temps de regarder mon compteur qui jouait des siennes, je relève la tête et là incroyable Patrick est à plus de 10 mètres devant Fred! En quelques secondes la position s'est inversée, Patrick a placé son attaque, 20 m en quelques secondes alors que nous sommes dans une côte. Comment lutter contre une telle débauche énergie?
Me sentant plutôt bien physiquement, je décide de suivre Patrick (ceci ne fût pas une bonne idée).
Fin de la poursuite
Sur environ 10 km, je tiens Patrick en ligne de mire, la distance variant de 20 m à 200 mètres. Je gardais toujours de la réserve pour saisir la moindre opportunité de terrain pour le rejoindre. Le destin en a décidé autrement. En effet, lors d'une légère descente dans un chemin herbeux, lancé à une vitesse d'environ 25 km/h, je me suis trouvé embarqué dans une saignée assez profonde bordée d'herbes hautes, et là malheureusement pour moi cela s'est terminé par une chute spectaculaire avec une retombée sur le sol non moins spectaculaire mais lourde de conséquence pour moi. Choc extrêmement violent au niveau du genou gauche et onde de choc destructrice sur le côté gauche de la poitrine. Souffle coupé, hébété, totalement absent de toute parole pendant au moins 2 à 3 minutes, j'ai certainement provoqué chez les vttistes qui me suivaient une grande inquiétude quant à mes possibilités de continuer la rando. Je remercie d'ailleurs les participants qui se sont vraiment inquiétés de mon sort, en particulier celui qui est resté à mes côtés pendant au moins 5 kilomètres (la solidarité ça s'apprécie). Au fil des kilomètres, j'ai repris du poil de la bête comme on dit mais je souffrais atrocement du genou gauche et j'avais du mal à trouver une inspiration suffisante en raison de fortes douleurs du côté gauche. Patrick ne s'étant rendu compte de rien a augmenté son avance de façon irréversible et a terminé cette randonnée loin devant tout le monde.
Le coup d'assommoir
Vers le 40 ème kilomètre, alors que je roulais à un train plus que satisfaisant pour quelqu'un qui venait de chuter. J'entends derrière moi des voix que je connais trop bien, Fred et Patrick L étaient entrain de me rattraper! Que faire? La douleur était trop forte pour que je puisse tenir leur rythme. Là, je les ai vus doucement mais surement s'éloigner mais j'ai quand même réussi à limiter la casse.
Conclusion
Cette fois-ci, j'ai eu la chance de ne plus avoir de crampes, je tenais bien le rythme, mais le destin m'a joué un vilain tour. Patrick a montré encore une fois qu'il possédait une forme physique exemplaire et que pour l'accrocher en rando, il nous faudrait à tous encore un peu d'entrainement.
Samuel a encore fait preuve de volonté, puisqu'il a roulé seul lui aussi mais pas dans les mêmes conditions. Moi, je pistais Patrick et j'étais stimulé par les poursuivants alors que Samuel était seul, personne derrière lui. Là, je pense qu'il faut encore plus de volonté pour ne pas baisser le rythme.
Le circuit était très agréable, le balisage remarquable, l'accueil tout aussi remarquable. Bravo aux organisateurs.
Dimanche, c'est enfin la super randonnée VTT de l'année 
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